mardi, 29 mai 2012
Insécurité Alimentaire au Sahel : Où en sommes-nous ?
Pour certains, c’est le continent de tous les maux, le continent-poubelle où l'on jette les déchets même les plus toxiques; le continent-maudit où le peuple mécontent tabasse publiquement son président.
Pour d’autres, cependant, c’est le continent pour créer de la richesse et non pour dépenser; c’est la terre promise, l’Eldorado de demain.
Soutenir la position de ces derniers n’est pas une utopie. Toutefois, au constat de la recrudescence des maux qui semblent l’emporter sur les promesses qui, au demeurant, peinent à honorer l’abondance des fleurs, il y a de quoi perdre espoir en un continent du doute qui, plus encore, est affamé. On parle de faim ou de famine −c’est selon. L’expression utilisée par les experts du développement pour atténuer le caractère déshonorant et déshumanisant de ce terme est «l’insécurité alimentaire». L’expression porte tout son sens aujourd’hui dans une grande partie de la bande sahélienne.
Les Pays les plus touchés
Selon un rapport de Février 2012 du Bureau des Nations Unies pour les Affaires Humanitaires (OCHA), 10 millions de personnes en Afrique sont confrontées à l’insécurité alimentaire. Au rang des pays les plus touchés, se classent le Niger avec 5.5 millions de personnes, le Mali, 3 millions, le Burkina Faso, 1.7 millions et le Tchad, 1.6 millions. On s’aperçoit de l’importance du danger dans ces pays dont le nombre d'habitants est estimé en moyenne à environ 17 millions .
C’est un constat assez sombre que fait la Cellule Régionale d’analyse du Cadre Harmonisé dans son rapport de synthèse de Mars 2012.
Ce Rapport indique qu'au terme du premier trimestre de cette année 2012, ces pays ont enregistré une baisse drastique de leur production céréalière (34% en Mauritanie), (50% au Tchad) et environ (50% dans les régions Nord du Mali).
De leurs côtés, le sahel Burkinabè et la région de Tillabéri (Niger) souffrent de l’épuisement des pâturages en zones pastorales et du surpâturage dans les zones accueillant les réfugiés maliens. Dans la vidéo reportage de TV5 monde qui suit, le journaliste M.NAGUSZEWSKI décrit le drame à Zinder, au Niger:http://www.youtube.com/watch?v=D4Ms6r62K80
Aperçu des conséquences
Parmi les effets négatifs de cette situation, le plus important reste la malnutrition. Les localités de Ségou (Tchad), Tombouctou (Mali), Kidal (Mauritanie) et Zinder au Niger connaissent un taux de malnutrition aigue très élevé au dessus de 15% contre 11% dans le sahel Burkinabè.
Pour l’instant, des pays comme le Togo, le Benin et le Nigéria ne semblent pas s’inquiéter d’une catastrophe alimentaire, mais l’épuisement progressif des ressources dans les parties Nord de ces pays qui sont des zones classiques de transhumance, ne les met pas à l’abri du pire qui reste à craindre.
La nécessité d’explorer les alternatives à titre non seulement préventif mais aussi « curatif » s’impose. Celle qui semble la plus probable pour ces pays sahéliens pratiquant majoritairement l’élevage, est l’accroissement du financement des volets des plans de réponse concernant l’élevage, à condition bien sûr que la situation socio politique dans ces pays y soit favorable.
Pour Aller plus loin
http://www.cilss.bf/IMG/pdf/bulletin_Cadre_Harmonise_avri...
http://www.sossahel.org/decouvrir_le_sahel/actualites_du_...
http://ipsnews.net/newsTVE.asp?idnews=107880
http://www.francetv.fr/info/mali-le-president-traore-taba...
23:15 Écrit par KOUAKOU BELA EMILE dans Crises / Catastrophes, Nutrition / Sécurité alimentaire | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : insécurité alimentaire, sahel, faim, famine, malnutrition |
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Commentaires
Écrit par : Emile BELA | mardi, 29 mai 2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : DAH Ata Emmanuel | mercredi, 30 mai 2012
Répondre à ce commentaireJ'apprecie la qualité et la pertinence de ton commentaire. Il y a effectivement un manque criard de volonté politique. Mais au délà, c'est la situation socio politique même de ces pays qui ne s'y prête pas. La Mauritanie, le Niger et le Maliont connu et connaissent une situation politique des moins favorables à la mise en oeuvre de plans de développement. Le Burkina Faso peine toujours à se stabiliser. Il y a donc un besoin d'agir, mais une urgence de réetablissement de l'ordre et la paix dans ces pays. La question "Que Faisons nous" prendra tout son sens...
Écrit par : Emile BELA | mercredi, 30 mai 2012
Écrit par : blog mutuelle santé | jeudi, 27 septembre 2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : direct optic mutuelle | mercredi, 10 octobre 2012
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