mercredi, 29 février 2012

Vous avez dit corruption en Afrique ? Oui. Pour le Développement, passez demain

 

corruption2.jpgLa corruption en Afrique, c’est un cliché qui frappe en principe toute personne ayant les 5 sens en état de fonctionnement optimal et animé d’une bonne foi qui arrive sur ce continent par ailleurs « mal parti ».

 L’actualité au Ghana tout ce mois de Février a été dominée par un scandale financier grossier dénommé « The Woyome Case » ou « l’Affaire Woyome ».

 Un bref sur les faits

Alfred Agbesi Woyome, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est de nationalité Ghanéenne. Homme d’affaire prospère,  Alfred Woyome est connu aussi bien dans le milieu politique pour son lien très proche avec le parti au pouvoir (NDC) d’ATTA Mills que dans le milieu de l’humanitaire –propriétaire d’une Fondation: http://www.wofound.org/.

Il est reproché à M. Woyome d’avoir perçu la faramineuse somme de 51 million de Cedis (monnaie Ghanéenne  soit 31.875.000 USD$) pour la réfection des stades de Kumasi et d’Accra pour la Can 2008 dont le Ghana était le pays organisateur. L’origine douteuse de cette somme pour un contrat qui ne semble jamais avoir existé à délié les langues, ce qui a conduit à l’arrestation de M. Woyome fin Janvier 2012.

 Qui de Kuffor ou de Mills ?

Le spectacle est digne de celui d’un véritable jeu de ping-pong auquel les ghanéens assistent depuis le déclenchement de cette affaire. Alors qu’il était au pouvoir en 2008, le gouvernement de John Kuffor (NPP) est accusé d’avoir signé ce contrat et par conséquent ordonné le décaissement de cette somme. L’ex-président et ses partisans nient en bloc l’accusation et pointent du doigt le gouvernement Mills (NDC) de qui Woyome est très proche politiquement. C’est avec beaucoup de peine que le pouvoir actuel, trempé jusqu’au cou, quant à lui s’en défend. A seulement quelques mois des prochaines élections, l’affaire fait tâche d’huile. Tout ceci ne change rien. Woyome incarcéré. L’affaire aux mains de la justice. L’argent du contribuable ghanéen volatilisé. Voilà la corruption!

 A chaque pays son affaire de détournement, son vocabulaire de corruption aussi

 Comme au Ghana, « l’affaire Woyome » se rencontre presque dans tous les pays Africains. En Côte d’Ivoire, de Bédié « l’Affaire des 18 milliards » à Ouattara « l’Affaire Oulotto» en passant par Gbagbo « l’Affaire Café-Cacao », les ivoiriens ont vu leur argent partir. Ici le vocabulaire varie. « Faut Mouiller ma barbe » ou « Faut parler français » vous demandera-t-on pour traiter votre dossier.

 Au Togo, c’est le juge ATTIVI SESSI qui, dans « l’Affaire Gnakou Yawo », un faussaire ayant vendu frauduleusement des terrains à Daliko près de Kossigan, s’est distingué. Dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, la corruption a atteint un tel niveau qu’un haut responsable togolais soutient que la seule solution de l’y éradiquer, c’est de “tuer toutes les femmes enceintes”. Cette ironie pour dire même le bébé dans le ventre est corrompu. Le policier Togolais vous demandera de lui « donner de l’eau » en cas de contravention.

 Le Burkina Faso, pays des hommes intègres n’échappe pas à la règle. La dernière en date est « l’Affaire Ousmane Guiro». Des Cantines d’argent liquide d’un montant de 2 milliards de Francs CFA ont été retrouvées dans une maison, appartenant à ce tout puissant Directeur Général de la Douane et qui plus est Officier de l’Ordre National du Burkina Faso. Si vous déposez votre dossier et que vous n’y avez pas « poser une pierre lourde », vous devriez attendre.

 Ce qui reste étonnant c’est que chaque pays aussi a son comité, sa brigade ou sa commission nationale de lutte contre la corruption. Au fond, c’est la question de la gouvernance qui se trouve encore une fois posée.

 Il n’est plus à prouver que le plus grand obstacle du développement d’un pays est la corruption. Aucun pays ne peut lutter efficacement contre la faim, la pauvreté, les maladies, mettre en œuvre des projets de développement, ou attirer les investisseurs quand la corruption devient le pain quotidien du gouvernement. Avec le niveau actuel de corruption, il faudra donc attendre demain pour le développement. Mais pas question de rester pessimiste car « ces femmes enceintes disparaitront un jour » et un Africain nouveau naîtra !

 Pour aller plus loin

 http://ghanaian-chronicle.com/news/betty-to-speak-on-woyo...

 http://opinion.myjoyonline.com/pages/feature/201202/80961...

 http://spyghana.com/ghana-general-news/politics/woyomes-b...

 http://www.togosite.com/?q=node/1525

 http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120108121106/

10:47 Écrit par KOUAKOU BELA EMILE dans Chronique du Développement, Gouvernance | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | |  Facebook | |  Imprimer | |